#etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Pour discuter comme au bistrot notamment de ce qui ne touche pas trop la truffe.

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melano
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#etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par melano » 15 janv. 2015 09:57

Bonjour,

cette année est caractérisée par une forte arrivée sur nos marchés de truffes espagnoles à tarifs très concurrentiels qui engorgent le marché et font baisser les cours.

Vu le dynamisme de la trufficulture espagnole, il est probable que dans la décennie à venir, cet afflux de truffe à bas prix se généralise. Cela risque d’entraîner de gros problème pour rentabiliser leurs investissements pour les trufficulteurs français. En effet, aux cours actuels voisins de 200 euros du kilos, il sera plus long de récupérer sa mise.

Si on ne fait rien, la filière française déjà peu florissante est menacée car entre planter du noyer ou des truffiers, le choix sera vite fait pour beaucoup.

Donc la question c'est on fait quoi pour résister?

Certains ont parlé de la mise en place de labels pour les truffes françaises. On pourrait faire un label général Truffes de France décliné en IGP locales. C'est une piste mais il faut du temps pour mettre ça en place. Et aussi une grosse énergie de la part des structures...

D'autres idées?

Fred
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OLIVE81
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par OLIVE81 » 15 janv. 2015 10:49

Si c'est un problème de commercialisation et qu'il semble trop difficile d'attaquer les marchés individuellement pourquoi ne pas déléguer cette tache sous la forme d'un système coopératif ??

Sans parler de structure coopérative à proprement parler, ça peut aussi prendre la forme d'un regroupement de producteurs avec salarié chargé de la commercialisation. Mon ancien maître d'apprentissage qui est aujourd'hui président d'une AOC bien connue du sur-ouest a fait ça avec trois ou quatre confrères vignerons et aussi d'autre producteurs d'autres produits. Ils ont créé une structure avec deux salariés qui commercialise à l'export. C'est du boulot mais ça leur garantit des niveaux de prix corrects... on a rien sans rien ...

Olive
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pancho
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par pancho » 15 janv. 2015 11:17

Bonjour a tous ,
nous avons des trufficulteurs qui mettent de la brumale avec de la mélano sur nos marchés et je ne vois pas qui interdirait de mettre de la mélano espagnole mélangée aux nôtres .
a mes yeux cela semble très difficile d 'y échapper , maintenant si la truffe espagnole n' a pas les mêmes gênes que la nôtre pourquoi pas en pensant bien sûr que certains d' entre nous ont planté des chênes truffiers myccorisé avec de la truffe espagnole ,donc celles là ( les truffes nées en France )
ont besoin d' une carte d' indentitée .(origine Espagne )
cela ne vous dit rien, les agriculteurs producteurs : 1 produit de plus mode in europe .
pancho
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melano
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par melano » 15 janv. 2015 11:22

On a toujours connu ça Pancho. A l'époque, notre foie gras du périgord venant de Hongrie. L'IGP a réglé le problème du moins officiellement.

Niveau de la noix, on a une AOC noix du Périgord qui prend la Dordogne, le sud de la Corrèze et le nord du Lot.

Un producteur n'a pas vraiment intérêt à acheter des noix ailleurs pour les mélanger aux siennes. On a sa surface, on sait ce qu'il produit au maximum et s'il en vend trop, il s'expose à des contrôles.

Cela pourrait être une première réponse pour la truffe, une IGP par région de production. Prend l'exemple de la truffe de Chine, on s'est battu, on l'a marginalisé, elle est toujours là mais reléguée à un produit très bas de gamme.

Pour les fraises, les espagnoles cohabitent avec les françaises. Mais c'est marqué sur l'étiquette. Le consommateur sait ce qu'il achète. Et même si parfois ce n'est pas vrai, les françaises sont meilleurs pour lui. Pour la truffe, ça devrait être le minimum syndical que soit indiqué le lieu de production au moment de l'achat.

Fred
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par bernard » 15 janv. 2015 11:57

Les viticulteurs alsaciens se sont protégés avec des garanties en béton armé. Je ne me rappelle pas de tous les détails, mais ils sont nombreux. Je vais voir pour trouver les infos sur toutes leurs démarches.
Bien-sûr ils pleurent, mais on connaît leurs prix... :mrgreen: et quand je traverse les communes viticoles et que je regarde leur maison je me dit qu' ils sont bien gonflés de pleurer. :evil:
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par tuber01 » 15 janv. 2015 12:15

- soit on est faible et alors il faut se protéger, au minimum un label Truffe de France puis ...
- soit on est fort et alors c'est nous qui écraserons les autres. Pour le devenir il faut s'organiser, se grouper, sortir de l'ombre, avoir un statut qui permette de faciliter l'obtention des terrains, alléger les impôts sur les filieres qui ont besoin de se développer ...

Seb
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par truffalou » 15 janv. 2015 12:17

Certains ont parlé de la mise en place de labels pour les truffes françaises. On pourrait faire un label général Truffes de France décliné en IGP locales. C'est une piste mais il faut du temps pour mettre ça en place. Et aussi une grosse énergie de la part des structures...
Pour moi il faut commencer par là et une charte simple très précise et appliquées à la lettre.
Sans parler de structure coopérative à proprement parler, ça peut aussi prendre la forme d'un regroupement de producteurs avec salarié chargé de la commercialisation. Mon ancien maître d'apprentissage qui est aujourd'hui président d'une AOC bien connue du sur-ouest a fait ça avec trois ou quatre confrères vignerons et aussi d'autre producteurs d'autres produits. Ils ont créé une structure avec deux salariés qui commercialise à l'export. C'est du boulot mais ça leur garantit des niveaux de prix corrects... on a rien sans rien ...
Je pense que l'un ne va pas sans l'autre avec l' IGP il faut un circuit de commercialisation et pourquoi pas se servir des outils récents pour cela
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par J Gravier » 15 janv. 2015 12:41

Bonjour à tous,

ok avec vous et particulièrement avec Olive, j'ai déjà abordé ce sujet, c'est à mon sens la seule solution car une IGP n'est pour l'instant pas envisageable.
Le problème de l'IGP c'est qu'il faut une interprofession et des cotisations..... déjà que 90 % des producteurs ne déclarent rien !!!!
Pour pouvoir commercialiser sous une IGP il faut adhérer à une charte, répondre à un cahier des charges et reverser un % du CA pour financer la structure, à tous les niveaux de la filière, production, transformation, distribution..... il faut impérativement des factures entre tous les acteurs de la filière.
Les trufficulteurs sont ils prêt à se professionnaliser ? je n'en suis pas certain !!!!
D'autre part si on veux conserver une filière et non des producteurs/transformateurs/distributeurs, il faut une marge confortable pour tout le monde, or je vois mal comment maintenir des cours au dessus de 300 € (en gros) avec de la truffe à 150 € en provenance d'autres pays.....
Bref, je suis très pessimiste pour ceux qui ne prendront pas le bon train au bon moment.....

Joel
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par jjr24 » 15 janv. 2015 15:20

Bonjour,


Effectivemnt, pas simple! une IGP peut prendre plusieurs années pour se mette en place; plus le problème du financement cité par Joêl;
Pas sûr d'ailleurs que l'IGP soit la solution? Plusieurs IGP (régions?) pourraient complexifier le choix auprès du consommateur? Mettre en concurrence malvenue?

Entre une production comme la mienne qui peine à atteindre 3kg! et d'autres à + de 20kg; ce n'est pas le même "monde"! (même si je trouve des clients qui travaillent dans de grandes entreprises par l'intermédiaire de mes connaissances);
Les semis-pros et pros, c'est encore un autre monde!
Coordonner tout ça me semble difficile!

Des pistes existent: unitruffe a racheté des truffes pour la conserve, 500€/kg vendredi dernier;
je ne connais pas leur capacité d'absorption?
Des trufficulteurs, qui avaient de belles truffes, les ont ramené chez eux; certains protestants contre ces prix bas!?
D'autres achats auront lieu vendredi (600€/kg l'année dernière, 30kg revendu de mémoire, 1000€/kg), pour le 2ème marché exceptionnel de Bordeaux du 17/01; autre piste à étudier? Sachant que nous sommes plus de 100 bénévoles pour cette opération!
Rien de concret à ce jour pour vendre nos truffes d'une manière régulière?
Lourde à mettre en place, qui a un coût, Cette forme de vente pourrait-elle être pérenne? Limoges, aussi, par ex.
Lors des marchés de Noël: peu de ventes à Ribérac, faire connaitre la truffe (et les groupements)a été
le seul bénéfice; à Nontron, toutes les truffes se sont (bien) vendues;
le denier marché de Brantôme aurait eu 34kg de truffes, difficile à vendre, même à 600€/kg!

Pour avoir discuté avec des Lillois et des Niçois (150 personnes dans l'avion, via Bordeaux) à la recherche de bons produits! Je me dis que nous ne sommes pas bons pour faire connaitre, et la qualité, et nos truffes!!
Des prospectus et autres accueils réservés, via les agences de voyage?

Certes! les réflexions sur ce sujet ne datent pas d'hier; mais cette année: prix plus bas et augmentation de la production; il devient pressant de trouver le "bon train..." (dixit Joël), et mette en place, ou moins de multiples actions qui pourraient conduire à des solutions viables !
Mr Michel Tournayre, nouveau président des trufficulteurs, veut "doubler la production française dans les années à venir"; il faut donc se mettre sérieusement à table! (trufficulteur no 89); pour des "petits" producteurs, comme pour les plus "gros";
A suivre donc! Cordialement. JJR24
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OLIVE81
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par OLIVE81 » 15 janv. 2015 15:54

jjr24 a écrit :Mr Michel Tournayre, nouveau président des trufficulteurs, veut "doubler la production française dans les années à venir"; il faut donc se mettre sérieusement à table! (trufficulteur no 89); pour des "petits" producteurs, comme pour les plus "gros";
Tout le problème sera là : d'une part il ne faut pas sur-évaluer la capacité d'absoption du marché et d'autre part il ne faut pas être naïf non plus l'augmentation des quantités produites et ce dans tous les pays aboutira logiquement à une baisse des cours durable... et de fait, comme dans bon nombres de secteurs d'activités c'est la présence commerciale qui fera la différence, occuper le terrain c'est primordial et je vous garantit que je parle en connaissance de cause....

Le problème est que si la filière se professionnalise comme le suggère Joël, étant donné que nous sommes en France avec donc un coût du travail en proportion vous ne ferez pas le poids face à d'autres pays voisins... c'est malheureux mais c'est ce à quoi sont confrontés bon nombre de secteurs d'activités (dont le mien).... c'est ça l'Europe !! :evil:

Olive
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par Itack » 15 janv. 2015 16:03

Bonjour,
Il faut absolument qu'il y ait une consommation domestique croissante en Espagne...et pourquoi pas en Italie pour réduire cette pression existante.
Si seulement, il existait "une amicale de chefs cuisiniers français et espagnols" cela pourrait peut être un point de départ pour donner une image positive: produit d'exception car pour beaucoup, ce n'est pas trop leur culture...même si certains s'y mettent bien sûr!
Leurs clients ont des revenus conséquents (même si c'est la crise pour presque tout le monde!) peuvent et doivent découvrir la truffe!!!!!
A l'heure actuelle, j'ai l'impression que la truffe produite en Espagne est forcément pour de l'exportation.
Il faut absolument "casser " cette façon de penser et ceci dans l'intérêt de tous (y compris le leur).
Garderem la tèrra e lo truffaïre
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par OLIVE81 » 15 janv. 2015 16:19

Tout à fait d'accord ... mais pourquoi en Espagne et en Italie ??? Commençons par chez nous !! Tout le mystère autour de la truffe est, de mon point de vue devenu contre-productif !! Il n'y a pas assez de communication et le produit, même s'il est perçu comme "prestigieux" est en fait bien peu connu !! Avec le système des marchés (et le peu de communication qu'il y a autour en fin de compte) on a l'impression que acheter des truffes c'est déjà réservé à un public averti !!

Une chance cependant est que vous avez la possibilité de créer de la demmande en allant au devant des clients. Sortir de la tête des gens que la truffe ça vaut 1000 € le kilo.... leur faire comprendre qu'avec une truffe de 80g qu'ils vont payer 50 € il y a déjà de quoi faire un bon repas.... bref démocratiser le produit.... je rejoins Itak sur la communication avec les grands chefs .... mais commençons par les notre !! Plutôt que de réfléchir à des usines à gaz qui coûteront au final plus que ce qu'elles rapporteront, la fédé pourrait budgetiser une campagne de communication nationnale. Il faut frapper fort et marquer les esprits au bon moment (pourquoi pas avant les fêtes de fin d'année)... a mon avis c'est la seule solution.

Olive
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par pancho » 15 janv. 2015 17:54

ou est passé mon message ?
Pancho
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par J Gravier » 15 janv. 2015 18:05

Bonjour à tous,

ça fait plus de 10 ans que je suis sorti des marchés de gros.... ok je suis déclaré et je paie des charges en conséquence, mais du coup je me suis fait une clientèle et j'ai toujours été obligé de limiter les ventes pour contenter tout le monde, j'ai même fini par faire appel à un copain pour compléter ma production..... ça n'a pas changé, j'ai toujours la même demande et mes tarifs restent "confortables"....
Parmi mes clients il y a des particuliers et des pros, les pros je suis allé les chercher en garantissant un apport de qualité et régulier, en frais et surgelé.... une bonne parti de mes clients n'auraient jamais travaillé la truffe sans ma démarche..... donc je sais de quoi je parle, il y a un marché potentiel important à condition de se bouger un peu et d'accepter de faire des factures, bien sur il faut être capable de stabiliser ou de faire évoluer sa production d'une année sur l'autre et pour ça l'irrigation est incontournable.
Pour autant si je n'étais pas passé à "autre chose" faute de trouver des terrains pour renouveler mes plantations, je serais tout de même inquiet pour mon activité, il faut réellement une clientèle déconnectée des bassins de production pour accepter d'acheter de la truffe à 650 ou 700 € quand le cours des marchés de gros sont à 200/300€.
A 200/300 €/Kg, quand on a les charges d'une exploitation agricole, même à 50 Kg/hectare il devient difficile de rentabiliser une plantation car la part de MO est importante.... alors à 150/200 € n'en parlons pas.....
Ma fois, finalement c'est peut être une chance pour moi d'avoir été obligé d'arrêter..... les choses vont devenir compliqué..... quand à multiplier la production Française par deux ce serait nécessaire pour maintenir nos marchés de "gros".... pas facile de trouver des investisseurs dans ces conditions....

Joel
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Re: #etmaintenantonfaitquoi (concurrence européenne)

Message par bion » 15 janv. 2015 18:50

Bonjour,
J Gravier a écrit :il faut réellement une clientèle déconnectée des bassins de production pour accepter d'acheter de la truffe à 650 ou 700 € quand le cours des marchés de gros sont à 200/300€.
Passer du simple au double entre le prix de gros et de détail ne me surprend pas.
Je trouve même cela très raisonnable.


Michel.
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