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Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 08 nov. 2016 14:20
par Jcrtruffe
Si j'ai bien lu, l'étude porte non sur des truffettes, mais sur des truffes récoltées en 2011,2012,2013.
La répartition représentée est donc celle des récoltes.
Bonjour Michel
Ben moi je ne le comprends pas comme toi , pour moi il s'agit d'analyses de mycelium dans la terre qui ont fécondés.
Maintenant , comme on a pas tous les éléments , des erreurs de compréhension son toujours possibles.
Il va falloir attendre la publication pour en tirer quelques enseignements . Je trouve que les scientifiques qui nous ont fournis ces premiers éléments sont de très bons partenaires.
Cdlt. Jcr
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 08 nov. 2016 14:43
par lubin 81
bonjour
Oui,l'étude est faite sur des truffes récoltées sur toute la saison ,bonnes ou gâtées,à l'emplacement précis de récolte on,mettait un petit piquet numéroté,les truffes au congélateur dans un sachet individuel avec le même N° que le piquet ,et la fin,ils venait relever et mesurer par rapport à l'arbre l'endroit où se trouvait les truffes.
Lubin
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 08 nov. 2016 15:55
par tuber01
merci Lubin pour ces précisions.
si ca n'est pas trop indiscret, juste par curiosité , de quelle essence et quel âge de plantation a cet arbre?
merci
Seb
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 08 nov. 2016 16:10
par lubin 81
nous étions plusieurs à faire cette étude ,dans divers départements,moi c'était sur truffière naturelle,d'autres aussi et d'autres sur plantations,je ne sais pas le schéma qu'ils ont mis à qui appartient l'arbre, ni l'âge
Lubin
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 08 nov. 2016 19:30
par Jcrtruffe
Merci Lubin pour ce complément d'information.
Jcr
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 09 nov. 2016 11:13
par melano
Salut,
la suite des schémas liés à cette étude. Ces schémas seront publiés avec une article dans le trufficulteur français. J'ai l'article en ma possession mais déonthologiquement, pour ne pas siphonner du contenu au trufficulteur, je ne le publierai qu'après la sortie du numéro.
On a la chance d'avoir deux équipes qui travaillent sur la sexualité du champignon. On pourra comparer avec le schéma du cycle des équipes de l'INRA de Nancy.
Fred
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 10:03
par melano
Donc, la suite, le cycle selon l'équipe de Nancy que l'ai piqué sur le site des australiens :

- cyclem.JPG (53.39 Kio) Consulté 6161 fois
On y voit que la truffe est généralement sexuée (mâle ou femelle) mais qu'elle peut aussi être hermaphrodite (femelle et mâle). Elle est donc trioïque pour les fanas de vocabulaire scientifique.
Pour le mâle on a donc 4 possibilités : les spores, le mycélium libre, les mycos (on a des arguments pour ces trois possibilités) et les conidies (hypothèse peu argumentée).
Fred
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 11:00
par tuber01
pour moi les 2 premières solutions étaient la même : le spore germe, donne un mycelium "libre", qui féconde l'autre individu.
le fait qu'ils séparent les 2, est ce à dire que le spore lui même peut aller fertiliser directement l'ascogone de la mère comme une gamète ? ca me paraitrait curieux car alors le matériel génétique apporté serait trop peu important pour l'étape d'appariement qui suit...
Seb
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 11:08
par melano
Dans tous les cas, il faut que la spore germe car c'est le filament issu de la germination qui assurera la fécondation.
Après, dans une spore, il n'y a qu'un lot haploïde (n) chromosomes. C'est dans l'asque qu'il y a les deux.
Les arguments en faveur de spores qui germent et dont les filaments disparaissent après fécondation est que dans 90% des cas, un père ne se retrouve que dans une truffe mais pas dans le sol ni sur les racines.
Mais Elisa a trouvé un père qui a fécondé trois truffes éloignées de plusieurs dizaines de cm (difficile pour un germe de spore) d'où l'idée de mycélium libre. Et argument supplémentaire, Murat a trouvé des pères qui fécondent plusieurs années de suite.
Le plus simple aurait été d'imaginer les pères après les racines des herbes sur lesquelles on a retrouvé la truffe. Mais à chaque analyse, on n'a retrouvé que la mère.
Donc on cherche toujours le père. Les travaux de la thèse qui débute sur le sujet permettront peut-être d'avancer?
Fred
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 12:56
par bernard
J'avoue que ce sujet me dépasse un peu, mais néanmoins j'essaie de suivre. En principe (je ne suis pas le seul des GT) je vois Claude M. dimanche, y aurait-il une question pertinente que je pourrais lui poser ?
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 13:11
par tuber01
quel est d'après lui (C.Murat) la plus plausible des 4 possibilités et comment ensuite l'optimiser
Seb
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 14:18
par melano
Ben, il faut ramener des spores non.
Fred
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 16:39
par bion
Bonjour,
melano a écrit : Elisa a trouvé un père qui a fécondé trois truffes éloignées de plusieurs dizaines de cm (difficile pour un germe de spore) d'où l'idée de mycélium libre. Et argument supplémentaire, Murat a trouvé des pères qui fécondent plusieurs années de suite
Dans une truffe, il y a plusieurs millions de spores; la moitié (à quelque chose près) sont "mâles" et "frères jumeaux".
Tout au moins pour les truffes issues d'une seule truffette.
Ils ont donc le même adn, et on ne peut les différencier. On peut imaginer que des spores issues de la même truffe, dispersées par la faune, aille féconder plusieurs filaments mycéliens et se retrouvent donc dans des truffes différentes.
De même, les spores n’ayant pas germé une année peuvent le faire l'année d'après et on peut retrouver donc le même "père" d'une année sur l'autre.
Cela n'exclut pas bien sur la présence de mycélium "libre".
Michel.
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 17:49
par lubin 81
bonsoir,
oui ,Bion votre raisonnement est très logique!
lubin
Re: Sexualité de la truffe.
Publié : 10 nov. 2016 17:59
par melano
Ce n'est pas illogique comme raisonnement. En voilà une bonne question à poser à M Murat même si je suppose qu'ils y ont déjà pensé et calculé la probabilité d'avoir des spores génétiquement identique.
Chez l'homme les brassages génériques lors de la méiose permettent de fabriquer chez un seul individus plus de 10 millions de gamètes différents. Il y a dix très peu de chances de trouver deux spermatozoïdes identiques fabriqués par un même individu. Qu'en est il chez la truffe ?
Fred