lubin 81 a écrit :bonsoir,
Je pencherai plutôt pour des clones que des jumeaux,puisqu'elles sont issues avec le même père et la même mère ,de la même truffe donc identique,
Bonsoir Lubin,
Admettons qu'effectivement notre truffe de l'année n soit issues du croisement de produits issus d'une truffe de l'année n-1.
Dans la truffe de l'année n-1 que trouve-t-on?
- de la gléba de la mère, à priori stérile
- des spores issues du brassages des gènes de la mère et du père de l'année n-1. La moitié sont en théorie du même mat que la mère, l'autre étant du même mat que le père.
Un des gros avantages de la reproduction sexuée, c'est de brasser les gènes. Lors de là méiose, les chromosomes du zygote issu de la fécondation subissent deux brassages. En prophase de première division, il y a un brassage intrachromosomique lors d'enchevêtrements entre les paires de chromosomes homologues. Des petits fragments du chromosome maternel sont échangés avec des fragments du chromosome homologue du père.
Puis lors de l'anaphase de la première division, les paires de chromosomes homologues se séparent de manières aléatoire et se répartissent dans les deux cellules formées.
À l'issue de ces deux brassages, il est strictement impossible qu'une spore ait un patrimoine génétique identique à un deux deux parents, chaque spore est unique en théorie.
Malheureusement nos lunettes sont très mauvaises pour observer les différences entre le matériel génétique contenu dans les spores. D'une part, on fait subir aux spores un traitement agressif pour détruire l'enveloppe, ensuite on n'observe que 14 microsatellites correspondants à 14 petits bouts du génome et enfin, on déduit le père par soustraction de l'ADN total auquel on retire celui de la mère. On trouve donc parfois des pères et des mères identiques pour les sites observés mais c'est qu'on regarde mal. Si on regardait l'intégralité du génome, on verrait des différences mais on ne sait pas faire.
Donc, dans le sol au début de l'année n, on a sans doute du mycélium de la mère de l'année n-1 si elle est restée dominante d'une année sur l'autre (seulement dans 25 % des cas) oú plus probable, des filaments mycéliens d'une nouvelle mère (75 % de turn over annuel). On a les spores de l'année n-1 qui sont sans doute encore inaptes à germer et on a les spores des années antérieures qui elles sans doute sont plus aptes à germer. Mais en aucun cas compte tenu des brassages qui ont eu lieu lors de la méiose, ils n'ont le même patrimoine génétique qu'aucun des parents des années précédentes.
La seule solution que je vois pour avoir des spores avec les mémés parents d'une année sur l'autré c'est que les mycéliums parentaux soient les mêmes plusieurs années de suite (donc père et mère pérenne), ca ne peut pas passer par les spores.
Pareil pour des truffes ayant les mêmes parents la même année, il serait très rare que ça soit trois spores qui auraient germées à trois endroits différents du brûlés. Le plus probable, c'est des mycéliums identiques.
mais il faudrait savoir si dans une asque toutes les spores sont pères et dans d'autres sont mères,ou bien sont mélangées
Dans une asque, les spores ne sont ni pères ni mères. Elles ont juste un mat déterminé. C'est l'environnement qui déterminera ce qu'elles deviendront par la suite. Celle du mat de la mère dominante pourront seulement donner des mëres et les autres des pères. Oú alors, mais il y a peu de chance, elles seront les deux.
Ensuite, en théorie, dans une asque, les spores sont issues de la méiose donc, il y a statistiquement autant de chance d'y trouver des mat 1-1 que des mat 1-2-1. Il y a donc les eux ensemble.
Je sais, c'est pas simple.
Fred