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Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 13:52
par jacques 37
melano a écrit :Le point clé semble être l'arrosage. Plus on arrose pour produire, plus on fait pousser les arbres, provoquant leur vieillissement et moins on favorise les mycorhizes qui symbolisent la présence du champignon sur les racines.
Fred
Donc Fred si j'ai bien saisi ta dernière analyse, à nous de trouver comment arroser sans faire vieillir l'arbre
Alors interrogation de ma part : La taille sévère peut-elle contrer ce vieillissement

Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 14:04
par Leromain84
jacques37
je ne vois que çà et limiter l'avancée racinaire chaque année pour freiner son évolution dans le rand chaque année;
jm
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 14:05
par melano
En fait, je n'ai pas utilisé le bon mot. Quoi qu'on fasse, l'arbre vieillit d'un an tous les ans.
Dans la méthode intégrée, notre boulot, au début de la plantation, c'est de le faire évoluer très vite pour qu'il acquiert des caractères d'adultes (port adulte mais nain, production de glands, de truffes...) très rapidement. Puis ensuite, il faut freiner des 4 fers pour le faire durer le plus longtemps possible à ce stade et retarder l'arrivée du stade vieil arbre où le racinaire ne se renouvelle plus dans la zone proche du tronc.
On sait faire vieillir l'arbre pour lui faire croire qu'à 3 ans, il en a 10. Par contre, ensuite, lui faire croire à 20 qu'il en a toujours 10, ça c'est pas simple.
Fred
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 14:13
par Leromain84
melano
si le système racinaire évolue 20 cm par an pour une plantation espacée de 6 m
avant que les racines se rejoignent au milieu du rang nous avons 15 ans de marge.
avec un couteau vertical monté sur mon griffon je coupe les traçantes en m'écartant de 20 cm par an avec l'espoir de faire perdurer l'avancée.
les truffes produites sont toujours avant la saignée....
jm
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 14:21
par melano
L'objectif ultime dans le système intégré, le Graal du trufficulteur mais quasi inatteignable comme tout Graal, c'est d'arriver à contenir son racinaire sur place, sur une zone définie à l'avance et de remplacer la progression annuelle horizontale par une progression verticale, renouvelée annuellement par le travail du sol.
Personne n'y arrive à ma connaissance car l'arbre grandit tous les ans au niveau des branches et des racines. On a beau freiner par la taille, il faut un petit taux d'échappement.
Comme souvent en trufficulture, il faut combiner des intérêts contradictoires. Et ce à tout moment.
De 0 à 4 ans : arroser pour faire pousser l'arbre mais pas au détriment du statut mycorhizien.
De 5 ans à X années, arroser pour produire et maintenir l'arbre poussant mais en conservant un bon statut mycorhizien.
Bref, on est toujours le cul entre deux chaises. Mais les grandes lignes de la méthode, on les a. Tout le reste est une question de dosage à trouver.
Fred
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 14:41
par tuber01
ralentir le vieillissement ... vieux rêve de l'homme... et de là à y arriver sur l'arbre ??
Seb
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 15:59
par jacques 37
melanotricastine a écrit :
Les vignes recevaient à l'époque de la fumure. Apport volontaires ou par passage des bétes.
Actuellement, nous plantons dans la région majoritairement sur des vignes. L'appelation TRicastin ( ancienement) se vendant pas facilement, je vois beaucoup de parcelles passer en truffiere; lavandin ou blé.J'ai planté sur vigne et sol graveleux, pas folichon coté vie dans le sol. Est ce le resultat de 40 ans de traitements chimique, certainement. Ce point m'amene souvent à réfléchir.
D'ou des éssais à mener avec apports de MO pour regénerer le sol. Et tirer les conclusions...
Bruno
Oui Bruno c'est ce type d'expérience qui peut nous apporter des progressions dans la compréhension des besoins de la truffe par rapport à son sol.
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 16:20
par Leromain84
Melanotricastine et jacques 37
personnellement j'ai planté mes truffières l'une sur antécédent vignes et amandiers et l'autre vignes avec des cerisiers et abricotiers en mélanges.
Mon beau père a désherbé et traité engrais chimique ; pas comme maintenant en culture raisonnée et cela n’empêche pas mes arbres de produirent.
j'ai encore des arbres de mon beau père vieux plantés en 1965 qui ont commencés à produire en 75 et les qq qui restent, font maintenant de la brumale comme les miens sur cette parcelle plantée en 1981.
Plantés 4X5 m milieu fermé.
Quand j'ai repris les terres en 81 je n'ai plus trop employé de désherbant et fait des apports d'engrais à dose homéopathique.
je pense que le travail et les soins apportés y sont pour beaucoup.
jm
Re: La fin d'un mythe
Publié : 14 oct. 2016 17:41
par jjr24
Bonsoir,
Autrement dit: 1) taille racinaire (stimulation de racines fines nouvelles, sans couper les racines "cordes";
2) nourritures (débris dû au travail du sol, apports de...???
JJR24
Re: La fin d'un mythe
Publié : 15 oct. 2016 10:34
par J Gravier
Bonjour à tous,
Fred a très bien résumé la situation.
Garder des arbres "jeunes" est à mon avis le chalenge des années futures.....que fait on en arboriculture pour maintenir des arbres plantés en haute densité a un haut niveau de production.... la réponse c'est: "la fumure".
De quel type ? sous quelle forme ?..... et qui soit en accord avec la relation Arbre/champignon, si on donne à manger directement à l'arbre il n'a plus besoin de son cortège fongique.
L'apport de MO va favoriser d'autres champignons, les formes directement assimilables par l'arbre posent soucis.... le "chimique" à mon avis est à proscrire, en dehors de toute considération écologique il est trop "spécialisé" et il profite directement à l'arbre.
Je voudrais préciser un point: je pense que nous avons tous maintenant compris que l'irrigation ne faisait pas qu'apporter l'eau qu'il nous manque pour bien produire, le paramètre "eau" ne peut être isolé, apporter de l'eau a des conséquences...... attention, si tailler l'arbre et ses racines apporte aussi son lot d'avantages, et notamment la possibilité de compenser l'effet "apport d'eau" , ce paramètre ne peut pas non plus se considérer isolément, il y a des conséquences à la taille racinaire, on laisse ainsi de la MO dans le sol.....
Joel
Re: La fin d'un mythe
Publié : 15 oct. 2016 11:01
par melano
Et si les deux parties de ton message étaient complémentaires ? D'un côté on cherche à amener de la MO pour maintenir le système poussant et de l'autre en laissant les racines coupées on fait un apport.
Ça serait bien que ça marche comme ça...
Fred
Re: La fin d'un mythe
Publié : 15 oct. 2016 14:06
par arcadius
Fred a très bien résumé la situation.
Garder des arbres "jeunes" est à mon avis le chalenge des années futures.....
bonjour a tous
Joël, partons du principe que nous voulons garder un arbre éternellement jeune avec la taille racinaire et aérienne , des arrosages très doux qui arrivent a des moments clefs !
pour tous ca c est OK...
Seulement le champignon lui dans tous ca , son rôle c est quoi ..
A la base il est bien la pour s entraider avec l arbre .
si nous aidons l arbre pour rester performant et jeune , l arbre n aura plus besoin du champignon .
que deviendra le champignon dans ce contexte , sans compter sur les apports de MO qui rentrerons en
compétition directe tôt ou tard dans l équation.
on est peut être trop centré sur l arbre , le champignon a ces exigences aussi ....lesquels par rapport a l arbre ???????
je suis un peu perdu dans tous ceci ...
fabrice
Re: La fin d'un mythe
Publié : 15 oct. 2016 14:49
par melano
Oui, tu es perdu. La truffe est un être vivant comme les autres. Il veut juste vivre tranquille, manger et se reproduire.
Juste comme toi ou moi.
Il lui faut donc un habitat qu'il aime sans concurrence pour être tranquille. Là, c'est clairement des racines jeunes dans un sol drainant qui ressuie vite après les pluies mais qui garde quand même un peu d'humidité.
Il lui faut de la nourriture. Celui qui le paie pour son boulot ; c'est l'arbre. Donc il lui faut un patron qui lui offre un taf parce qu'il a besoin d'un employé. Son boulot, c'est de trouver de l'eau et des sels minéraux et de les donner à l'arbre. En échange, il a droit à son salaire : de la sève élaborée gorgée de sucres.
La reproduction, il sait faire à merveille car il aime bien ça.

Il fait donc des centaines de truffettes tous les ans dès que les conditions sont favorables à la rencontre des gamètes. Reste au trufficulteur à les mener au bout en faisant en sorte qu'il ne leur arrive rien pendant les 9 mois où elles sont sous terre.
Le point clé là dedans, se sont les racines jeunes. Il faut un arbre dynamique et jeune pour en faire tous les ans en quantité.
Fred