Tu sais, les contributeurs de ces sites, se sont surtout des locaux qui ont une parfaite connaissance du terrain comme toi, comme moi. Il n'y a pas qu'en ville qu'il y a des gens qui observent la nature et mettent leur observations sur biolovision.
Il faut sortir de cet caricature de l'écolo bourgeois bohème, vivant en ville, dont les gosses ne savent pas reconnaître une vache mais qui se bat pour sauver les dernières baleines ou les derniers ours blancs. Dans la réalité, c'est pas ça du tout.
Ce sont des passionnés de nature qui passent leur vie dehors à courir les bois, qui passent des heures à observer la nature, à chercher certains oiseaux, à traquer la moindre trace au sol, à repérer la moindre crotte. Il n'y a pas de secret, pour observer des animaux discrets, ce sont des heures et des heures passées à chercher.
Perso, j'y passe beaucoup de temps bien aidé par des pièges photo. J'ai établi une liste presque exhaustive des mammifères de ma commune. Je bute encore sur quelques espèces rares comme le putois, la crossope aquatique, le rat noir, la pachyure étrusque... sûrement présents mais rares et discrets. J'ai mis deux ans pour faire 35 espèces hormis les chauves souris. Il me faudra sans doute 10 ans pour en faire trois ou quatre de plus. Et encore, à côté de certains ornithologues, je suis un Mickey. Ces mecs sont capables de rester des heures et des heures pour observer un aigle qui va passer en 15 secondes, à se lever une heure avant le jour pour faire un point d'écoute...
Ces gens là, tu ne les verras jamais rouler à 70 km/h les dimanches dans les chemins le cul dans un 4X4 l'oreille au téléphone. Par contre, montre patte blanche eu ils t'emmèneront voir le grand duc ou le circaète qui niche à 300 m de chez toi et que tu n'avais jamais vu.
par contre ces imbéciles de locaux eux ils savent!.
La recherche des espèces rares n'est pas qu'une question de connaissance du terrain. C'est avant tout une histoire de connaissance des mœurs de l'espèce concernée. Chez moi, j'ai des loutres. J'ai des dizaines de données. Lorsque j'ai montré la liste des espèces trouvées au président de la société de chasse, né ici, conseiller municipal, connaissant chaque recoin de la commune il n'a pas caché sa surprise. Il ne le savait tout simplement pas.
Pour le loup, l'an dernier, je suis allé passé quelques jours dans le mercantour. Il m'a fallu moins d'une demi-journée pour trouver une piste de grand canidé. Un loup ça fait plusieurs dizaines de km par jour. Ça en fait des pas... Si tu sais quoi chercher et où chercher, c'est simple.
Donc, on peut être local et ne pas connaître la faune de sa commune et être en vacances à 600 km de chez soi, sans GPS et n'avoir aucune difficulté à repérer des indices de présence d'une espèce à fort enjeu patrimonial.
C'est en tout point semblable à la truffe. Pour la confidentialité, on ne divulgue pas précisément la localisation des truffières sauvages. Et pour la connaissance, demande à ton voisin qui n'y connait rien de trouver une truffe dans une truffière en bas de chez lui qui crache 100 kg/ha au mois de janvier, il va avoir du mal a en lever une. Mais emmène César et ses chiens au bout du monde, il t'en fera des tas sortis de nul part.
Fred